Les Pyrénées, du 8 au 11 septembre 2011

Publié le par veloloisirceyresten

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L'inspecteur Kazette, que ses collègues appelait communément "roue libre", était fort ennuyé.

On avait volé le Pinarello Dogma du secrétaire de région en charge du sport, du 8 au 11 septembre dans le camping des 3 vallées, à Argeles Gazost.

 

Roue libre devait son surnom à son attitude, il laissait divaguer ses réflexions là où le menait son enquête. Rien en force, tout en souplesse.

Et justement, ses soupçons se portaient vers un groupe de cyclistes immatriculé 13.

 

Un certain Patrick dit Schlek était interrogé en premier :

 

- Je souhaiterais connaître votre emploi du temps du 8 sept.

- Je suis arrivé le 8 au matin, après mes collègues de Ceyreste, pour la difficile ascension d'Hautacam, puis nous avons fait un portage jusqu'à Bagnere de Bigorre pour monter le col d'Aspin à travers la foret Pyrénéenne. Jacques, un de nos collègue a crevé dans la descente, 3eme crevaison en 2 jours, suite à un problème technique, et c'est un camping car qui l'a redescendu.

90km dans la journée pour 2000m de dénivelé positif.

Le soir, comme tous les soirs, nous sommes allés au SPA du complexe aquatique du camping.

Ah oui, dans la descente, j'ai croisé un Pinarello Dogma...

 

Des problèmes de vélo, un camping car, une bande organisée, pensait roue libre. Il faut que je creuse de ce coté là...

 

- Monsieur Jacques Labro, qu'avez-vous fait après cette crevaison ?

- Naturellement, je suis allé m'acheter 2 pneus à un tarif exorbitant, 51 euros pièce, plus 2 fonds de jante et des chambres à air. Et ainsi, j'étais prêt pour le lendemain.

- Et vous avez fait quoi ?

- Nous sommes partis du camping le 9 au matin, directement en vélo, pour grimper Luz Ardiden. Puis après la descente nous avons mangé dans un restau de Luz St Sauveur, où le sympathique patron est aussi président du club de vélo local. Nous avons fait un peu de bruit et certains clients, pas vraiment habitués au tempérament méditerranéen, nous l'ont fait remarquer.

 

L'alibi de celui-ci est bétonné. Voyons voir un certain Jean Pierre.

 

- Et l'après midi ?

- Nous sommes allés vers Gavarnie, une pente longue de 19 km. Pendant ce trajet, notre ami Michel a eu un coup de pompe et c'est Pascal qui est resté avec lui, à grand renfort de produits diététiques. Puis nous sommes revenu au camping, enfin aux bains bouillonnants.

105km dans la journée pour 2000m de dénivelé positif.

Le soir, Michel nous a préparé des pâtes à la Carbonara que nous avons tous mangées avec bonheur et convivialité.

Patrick D a été vu dans la cuisine, mais il faut garder le secret Monsieur l'inspecteur, il ne faut en aucun cas que sa femme ne l'apprenne, cela serait en quelque sorte interprété comme un désordre conjugal.

 

Ils se foutent de moi, ces cyclistes, mais je reconnais qu'ils sont sympathiques.

 

- Si cela ne nuit pas à l'enquete, j'y veillerai.

- Au fait, dans la descente de Gavarnie, j'ai croisé un Pinarello Dogma...

 

L'enquête piétine, je vais questionner Michel.

 

- Cher Monsieur, qu'avez-vous fait le 10 septembre ?

- Nous sommes partis d'Aucun avec le club de Ceyreste pour grimper le Soulor, puis l'Aubisque. Redescente vers Gourette, puis Eaux Bonnes. En gros, nous avons fait un  tour dans la vallée pour regrimper au sommet du Soulor de l'autre versant. Mais, c'est là que les ennuis ont commencés. J'avais un coupe vent dans le dos qui a glissé et qui est tombé dans ma roue arrière, la bloquant dans une descente. Mon pneu s'est usé sur 4 cm à cause de cette glissade intempestive et a fini par éclater. Heureusement, un cycliste Béarnais qui passait par là, m'a donné un morceau de pneu pour colmater la brèche, puis m'a proposé de m'en vendre un neuf, qu'il avait d'avance chez lui. Le coup de bol !

- C'est pas tiré par les cheveux votre histoire ?

- Si c'est pas vrai, je mange un rat !

- Inutile d'aller si loin...

 

Je me demande si les gens de la région de Narbonne n'exagèrent pas plus que les Marseillais...

 

- Je me souviens, pendant que j'étais arrêté, j'ai vu passer un Pinarello Dogma...

 

J'ai l'intuition que je progresse. Je vais discuter avec Jean Claude, un ancien collègue parait-il ?

 

- Racontez-moi l'après midi du 10 sept, cher ami.

- La montée du Soulor du coté d'Arthez d'Asson fut une épreuve. En plus de ses 22 km de montée, 5.3% de moyenne, 9% maxi, nous avons surtout souffert d'une excessive chaleur, cette partie n'étant que très peu ombragée. Au col, avec mes compagnons, nous avons bu un Coca salvateur. Puis redescente sur Aucun.

105km dans la journée pour 2500m de dénivelé positif.

SPA de rigueur puis Michel nous a fait du Boudin aux pommes avec de la purée pour le repas du soir. Un régal.

Un détail me revient, pendant la pause au sommet du Soulor, j'ai vu passer un Pinarello Dogma...

 

Que va me dire Marc sur la journée du 11 sept ?

 

- Au départ de Luz-Saint-Sauveur, nous avons grimpé le versant Ouest du Tourmalet. On engage la montée entre 7 à 9% pendant 18 km, jusqu'au sommet où notre ami Jacques à fait le coup de la panne, pour redescendre en voiture. Une femme à l'allure mystérieuse s'est arrêtée avec une grosse BMW. Il a mis son vélo dans le coffre, à coté d'un... Mais oui, cela me revient à présent, à coté d'un Pinarello Dogma !

C'est elle qui l'a pris, j'en suis sur !

 

Roue libre avait bouclé son enquête. C'est la femme du secrétaire de région, qui, pour faire une surprise à son mari, a pris son vélo pour quelques modifications chez le cycle local. Qui ne s'est pas gêné pour l'essayer, d'ailleurs.

L'allure mystérieuse était due à la facture...

 

Pascal

 

Les photos ici !

 

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